INTERVIEW DE JEAN-CLAUDE SAUREL, PRESIDENT DE SAUVE QUI PEUT LE COURT-METRAGE.
A la veille de la clôture du Festival,
il m’est impossible de décrire Jean-Claude SAUREL. C’est
un complice, un espion, un personnage venu de l’ombre, je l’ignore
?
Il court, il court après le Festival au point qu’il y laisse
corps et âme, c’est plus qu’une passion : «
c’est lui ».
Quoi qu’il en soit, son ombre, comme toute l’équipe
qu’il préside restera dans les anales du 7è Art.
Nous sommes assis, face à face, avec son côté un
peu fuyant les interviews, il nous accorde quelques mots.
Plus à l’aise sur une scène et dans la description
de son trombinoscope, que cela serait prétentieux de ma part
de dire que l’on découvre Jean-Claude Saurel comme un livre
ouvert..
Q : Depuis quatre ans,
d’une façon plus assidue, nous nous croisons pratiquement
tous les jours dans les couloirs du Festival. Cela correspond plus ou
moins à ta nomination en qualité de Président depuis
1999.
Tu sais, Jean-Claude, la passion qui nous anime, en restant sur la même
berge, où parfois les différences des clapotis font que
nous nous respectons.
L’équipe de « Copains d’abord » en 1979
est en place, parce que même les disparus planent de la rue des
Jacobins au « monstre de La Jetée ».
Y a-t-il une différence entre le Festival et les années
précédentes ?
R : Non, pour nous c’est
une année supplémentaire avec les chaos climatologiques
particuliers de cette année.
Mais le Festival attire le soleil et les spectateurs.
Nous vivons, et tu as pu le constater, une année plus calme,
notamment avec l’introduction des intermittents du spectacle en
2004, tu étais présent d’ailleurs, tu es intervenu
!
Nous avions mis à leur disposition, pour qu’ils puissent
s’exprimer, la Salle Boris Vian. La coordination des intermittents
du spectacle n’as pas respecté les règles du jeu
; car non seulement la soirée de projection prévue cette
soirée-là n’a pu avoir lieu, de plus leur objectif
était de nous faire annuler purement et simplement la soirée
de Clôture.
Je suis tout à fait d’accord avec les propos que tu as
pu tenir cette soirée-là (Sic) en leur disant, comme tu
l’as fait : « vous vous trompez complètement de cible
et vous allez à l’encontre de vos intérêts
». (cela m’a fait sourire lorsque certains se prétendant
des intellectuels affirmaient que HASSAN II était toujours le
Roi du Maroc, tu n’as pas manqué d’humour, même
si tu as été sifflé en précisant que le
Roi du Maroc était MOHAMED IV. C’est ce qu’entre
nous, nous avons appelé l’information de tous les peuples.
Nous nous sommes heurtés cette année, à de nombreux
problèmes : travaux, verglas, neige… Nous nous sommes entretenus
au sein de l’équipe, et je suis à peu près
persuadé que quand nous ferons les comptes, nous serons au summum
de ce que le Film Fest peut offrir encore à Clermont-Ferrand,
c’est à dire à regrets, même s’il demeure
le Premier du Monde par sa diversité, nous déborderons
les 130.000 spectateurs.
Jacques Curtil, avec lequel je me suis entretenu auparavant, me tenait
à peu près les mêmes propos.
R : Oui, tu as raison,
mais hier soir, nous avons été très surpris, car
beaucoup de gens n’ont pu rentrer dans la salle Jean Cocteau.
C’est dommage !
Je tiens à préciser que notre objectif n’est pas
de battre des records d’affluence.
Q : Ma présence
au Festival depuis de nombreuses années, et ces quatre ans, tu
as bien voulu me livrer tes sentiments avant, pendant et après.
Peux-tu dire l’homme que tu es ? Je suis incapable de te décrire
!
Comme le fait qu’en 2004, il n’y ait pas eu d’attribution
de Grand Prix, alors que j’ai le sentiment viscéral que
le public va, cette année, vers de grandes déceptions….
C’est mon intime conviction.
R : Oui à chacun
la sienne, tu es un éléphant dans un magasin de porcelaine
! (rires).
Mais encore une fois, tu as raison, je regrette, pour ne pas dire je
trouve ridicule, le manque de l’attribution du Grand Prix de l’année
dernière.
Il est certain que l’un d’entre nous a voulu jouer au «
dégourdi » et qu’il le regrette avec le recul du
temps. C’est une très bonne école ! Je ne tiens
pas à parler davantage de lui (moi non plus).
Q : Tu as en Jacques
l’interlocuteur idéal (bof, bof, tu sais le Panda que je
suis prend de l’âge).
Ce qui peut paraître judicieux, c’est qu’on a jamais
autant parlé de Clermont-Ferrand, que suite au polémiques
de 2004.
R : Je ne tiens pas
à parler de moi, la seule chose que je peux préciser c’est
que je suis avant tout issu du public. Même si j’ai un parcours
de compagnonnage, de route avec Georges… Oui, puisque donc pour
être complémentaire en 1970, j’étais déjà
dans les salles de cinéma.
Nous avons beaucoup travaillé ensemble et il n’est pas
évident d’assumer le Présidence de Sauve qui peut
le Court –Métrage.
Sur les années citées ci-dessus, je m’occupais de
la cinémathèque d’essais qui représentait
en son temps les Amis du Cinéma.
Pour assumer la Présidence, il faut une confiance presque totale.
Mon élection en qualité de Président en 1999 à
fait dire à quelques uns : « d’où vient-il,
d’où sort-il ce mec-là ? (Sic).
Q : Abordons d’autres
sujets, si tu veux bien ?
J’ai rencontré Serge Godard, Maire et Président
de Clermont Communauté, où « l’emblème
» culturel et idéologique est porté par le Festival.
R : Ses propos n’engagent
que lui, et si je le rejoins partiellement sur le plan culturel, je
suis en désaccord sur le plan idéologique. Non parce qu’effectivement,
depuis 1992, Clermont-Ferrand est la Première production de promotions
de Courts-Métrages, il serait bon effectivement de faire passer
ce message aux politiques, car il sont loin d’être tournés
vers le Culturel.
Je n’en veux que chacun veut s’arroger la paternité
d’un bébé qui n’est pas le sien, bien souvent
sans savoir de quoi il parle.
En ma qualité de Président et d’homme, je ne suis
pas à vendre, ni à acheter.
Les batailles intestinales des partis politiques ne m’intéressent
pas.
Mais ne pas perdre de vue, dans un râtelier, où il n’y
a pas de foin, les chevaux se battent.
Il faut qu’ils reconnaissent que nous sommes les premiers vecteurs
culturels planétaires, comme Michelin dans le cadre du pneumatique.
Je souhaite que nous restions les fourmis de la chenille qui se transforme
en « papillon » qui nous permet de nous sentir et perçus
dans le monde entier, comme le premier vecteur culturel.
Q : Jouons un peu au
jeu des questions-réponses, si tu le veux bien ?
R : Oui, sacré
Panda, tu as l’art, la forme et la manière !
Je ne sais comment répondre à ta question posée,
il y a des tentatives sournoises, pour tenter de récupérer
ce que nous vivons d’une façon passionnelle.
Cela me rend malade, car si la majorité des gens pensent que
tout peut s’acheter ou se négocier, moi je dis non !
La force de « Sauve qui peut…. » reste notre indépendance
(n.l .d.r.) que le prix de la liberté est dur à payer.
Mais au moins, ce n’est pas un dialogue de sourds.
Q : Deux Ministres de
la Culture se sont déplacés, je les ai entendu (cela représente
des bulletins de votre et une certaine forme de manipulation sur de
belles phrases où très peu ont abouti concrètement,
es- tu d’accord avec le Panda ?
R : Ce n’est pas
le fait de jeter de l’argent dans le Court-métrage, ou
essayer d’établir un calendrier qui nous permet de supporter
un telle pression que je conteste et je refuse, mais je dois accepter
la décision majoritaire.
La visite du Ministre de la Culture, ce que j’en ai essentiellement
retenu, a été de nous dire : « nous allons vous
permettre de manger tous les jours, mais il faut des contre-parties
qu’il a été incapable d’édicter avec
précision.
Ce sont encore des discussions qui vont dure, durer, et durer…
Q : La position que
le Gouvernement a mis en place par rapport aux intermittents du spectacle,
n’est-elle pas à ton avis : couper l’herbe sous le
pied à toutes formes de créativité et favoriser
le travail au « noir » ?
R : Alors là,
je suis très surpris, mais ton observation rejoint tout à
fait la mienne et en procédant ainsi, c’est malheureusement
la création de filières presque parallèles mais
illégales. Depuis 27ans, «Sauve qui peut…. »
lutte contre cet amalgame où chacun se perd.
C’est un signal d’alarme que j’ai tiré en direction
de Gaillagon, Ministre de la Culture ; mais est-il venu pour la photo
ou des propositions concrètes, en mon âme et conscience,
j’opterai pour la première.
Chacun à sa façon essaie de casser Clermont-Ferrand en
oubliant que si tout ce que nous avons fait n’est pas parfait,
la drogue des spectateurs pour les salles du Festival parle à
ma place.
La majorité de ceux qui tentent d’intervenir le font de
manière incohérente, voir désordonnée.
Le Festival a besoin d’un second souffle, on est plus dans l’arrière-cour.
Q : Jacques Villeret nous a fait un pied de nez le 28.01.05 en nous
conviant à un diner de cons. Comment faire ?
R oui tu as raison,
mais le spectacle continue et à notre façon, nous rendrons
hommage à ce pote Martien avec un talent immense lors de la soirée
de Clôture.
Je suis persuadé que le public n’est pas prêt de
l’oublier. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’un jour
ou l’autre, nous le retrouverons, lui et les autres, pour faire
le plus grand dîner de cons sur terre ou dans l’espace.
Q : J’ai connu
Jacques Villeret de façon très lointaine comme j’ai
pu côtoyer Tue l’autre ont réalisé des courts-métrages,
qu’ils restent les étoiles de la passion du Festival.
R : Oui, Clermont-Ferrand
est un véritable vivier, mais n’oublions pas que pour reprendre
cette célèbre phrase : « seuls les cimetières
sont plein d’hommes célèbre » et qu’un
jour nous les rejoindrons dans l’anonymat.
Je ne vais pas rentrer dans le jeu des politiques. Car cela serait nuire
à la qualité de toutes nos manifestations.
Q : Les réalisateurs,
acteurs, public que j’ai pu rencontrer sont de plus en plus demandeurs
de débats, tels que ceux de la salle Kipling, quant aux réalisateurs
et producteurs, ils me chargent de te transmettre le fait que : »ils
souhaiteraient un film de moins par séance pour le public puisse
s’exprimer directement dans les salles ?
R : Merci de me rapporter
ces propos. Rapproche-toi de Jacques et pourquoi pas , nous en discuterons
entre nous.
Q :Tout de suite Clermont,
et depuis quelques temps, vit au rythme de son tramway.
Quel serait le réalisateur qui pourrait intituler un court-métrage
: « un tramway nommé désir à Clermont-Ferrand
». Je ne te cache pas que je suis tenté par l’expérience
de le réaliser. Mais là aussi, en mettant au réel
la disproportion des politiques par rapport à la réalité.
R : Oui, oui, je pense
que tu as suffisamment d’humour pour le faire. Tu es assuré
de son succès ! (rires).
Mais le tramway dont nous n’avons pas suffisamment de recul, s’il
va nous coûter très cher, sera sûrement un plus pour
la ville de Clermont-Ferrand.
Les débats dont tu fais allusion dans les salles et qui sont
en compétition, je me fais un devoir d’inciter, comme tu
le fais, les gens à approcher des conceptions qu’ils pensent
inabordables. Pour moi, le Festival est un grand moment de partage et
je sais que tu le partages.
Je te remercie de t’impliquer aussi profondément, sur un
plan questions et informatique, par ton site, tu incites à la
même action que la nôtre.
Je suis Président
parce qu’il en faut un. Tu l’es comme moi et il est indiscutable
que si les gens nous envient quelque part, ils n’ont pas envie
de prendre la place.
Je disais à Claude
et Michel la complicité qui nous habitait.
Parle-moi plutôt
du Pape du Court-Métrage, Claude par ses 20 réalisations
de Court-Métrage et ses connaissances cinématographiques,
font qu’il est mon principal complice tant nous sommes complémentaires.
Jean-Claude, j’étais
à deux doigts de quitter le Festival pour la première
fois depuis plus de 20ans, et que ce n’est pas le côté
financier qui m’attire, de quelle manière pouvons-nous
être plus complice ?
R : Oui, tu as raison,
je connais ta passion ! Nous allons en parler au sein de l’Equipe,
puis il faut se rendre à l’évidence, Patrick Juan
et son site représente un plus pour le Festival.
Répondre aujourd’hui de façon plus concrète,
à la fièvre qui est toujours là, j’ai besoin
de faire tomber la mienne (moi aussi !) et quoi qu’il en soit,
à bientôt , merci pour tout, et je te promets de regarder
de plus près que jamais, comment conjuguer nos passions, et te
faisant accepter avec les difficultés que peut représenter
ton personnage.
En ce qui me concerne, et pour l’instant je peux te dire : «
Patrick Juan, je t’aime bien ! »
Q : Jean-Claude, moi
aussi. Je sais que nos actions ne peuvent que faire évoluer la
valeur de la communication .
Interview exclusive
du 04.02.05, propos à bâtons rompus entre deux Présidents,
un grand et un petit. (le petit, c’est moi : LE PANDA).
Vos réactions |